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Temps de lecture : 5 minutes

Versement Libératoire : 3 Vérités sur l'Impôt Simplifié des Auto-Entrepreneurs

Se lancer dans l'auto-entrepreneuriat est une aventure exaltante, mais la fiscalité peut rapidement devenir un casse-tête. Face au choix entre l'imposition classique au barème progressif et une option simplifiée, une solution attire particulièrement les nouveaux entrepreneurs par sa promesse de clarté : le versement libératoire.

Par Mergin, le mardi 9 décembre 2025

Sur cette page

Première vérité : Payer un impôt... même quand on n'est pas imposable
Deuxième vérité : Votre éligibilité dépend du passé
Troisième vérité : "Libératoire" ne veut pas dire "libéré de toute déclaration"
Conclusion : La simplicité, un choix qui se réfléchit

Payer son impôt sur le revenu en même temps que ses cotisations sociales, au fil de l'eau, semble être la solution idéale pour simplifier sa gestion et éviter les mauvaises surprises. Pourtant, cette simplicité apparente peut cacher des pièges inattendus. Choisir le versement libératoire n'est pas toujours le calcul le plus judicieux et peut même vous coûter plus cher que le régime classique. Cet article révèle les trois vérités les plus surprenantes à connaître absolument avant de cocher cette case.

Première vérité : Payer un impôt... même quand on n'est pas imposable

La surprise : L'option "simplifiée" peut vous coûter cher

Le principal inconvénient du versement libératoire est aussi le plus contre-intuitif : l'imposition de vos revenus professionnels commence dès le premier euro de chiffre d'affaires que vous encaissez. Il n'y a aucun seuil de franchise.

De ce fait, un paradoxe peut survenir : un auto-entrepreneur peut se retrouver à payer un impôt via le versement libératoire alors que son foyer fiscal n'est pas imposable. Avec le régime classique (barème progressif), il n'aurait payé aucun impôt sur ses revenus d'activité. C'est notamment le cas si vous vous situez dans la tranche d'imposition à 0%.

Prenons un exemple chiffré pour illustrer ce point :

  • Situation : Un couple avec deux enfants et 32 000 € de revenus imposables annuels.
  • Activité micro-entreprise : L'un des conjoints réalise 15 000 € de recettes de commerce.
  • Résultat sans l'option : Le foyer fiscal n'est pas imposable, l'impôt dû est de 0 €.
  • Résultat avec l'option versement libératoire : L'auto-entrepreneur paie un impôt de 1% sur son chiffre d'affaires, soit 150 €.

Dans cet exemple, le taux de 1% s'applique car il s'agit d'une activité de commerce. Pour des prestations de services (BIC) ou des activités libérales (BNC), ce taux serait respectivement de 1,7% ou 2,2%.

Lorsqu’il n’est pas imposable à l’IRPP, cette option a pour effet de lui faire payer des impôts, alors qu’il pourrait ne pas en être redevable… Si vous vous trouvez dans la tranche d’imposition à 0%, n’optez surtout pas pour le versement libératoire.

Ce cas de figure démontre l'importance capitale de simuler les deux scénarios en fonction de la situation globale de votre foyer fiscal. L'option la plus simple en apparence n'est pas toujours la plus économique.

Deuxième vérité : Votre éligibilité dépend du passé

L'astuce : Votre éligibilité est basée sur vos revenus d'il y a deux ans

L'accès au versement libératoire n'est pas automatique ; il est soumis à une condition de revenus bien précise. Pour pouvoir opter pour ce régime, le revenu fiscal de référence (RFR) de votre foyer fiscal de l'avant-dernière année (N-2) ne doit pas dépasser un certain plafond.

Par exemple, pour pouvoir bénéficier du versement libératoire en 2023, c'est votre revenu fiscal de référence de l'année 2021 qui était pris en compte. Pour une personne seule, ce RFR ne devait pas excéder 28 797 €.

Cette règle, basée sur le passé, est un piège courant. Vous devez vérifier votre RFR de l'année N-2 chaque année avant de déclarer vos revenus de l'année N. Si ce RFR dépasse le seuil, vous sortez automatiquement du dispositif au 1er janvier de l'année N, même si vous n'effectuez aucune démarche. Il est donc de votre seule responsabilité de contrôler votre éligibilité pour éviter une régularisation fiscale.

Troisième vérité : "Libératoire" ne veut pas dire "libéré de toute déclaration"

Le mythe : Payer chaque mois ne vous dispense pas de la déclaration annuelle

C'est une croyance très répandue : puisque l'on paie son impôt chaque mois ou chaque trimestre, on serait dispensé de la déclaration de revenus annuelle. C'est totalement faux. Même si vous avez opté pour le versement libératoire, vous avez l'obligation formelle de reporter le montant total de votre chiffre d'affaires annuel sur votre déclaration de revenus globale (formulaire 2042-C PRO).

La raison est simple : bien que vous ayez déjà payé l'impôt correspondant à ces revenus, l'administration fiscale a besoin de cette information. Elle lui permet de calculer deux éléments cruciaux : le revenu fiscal de référence de votre foyer, qui détermine votre éligibilité à de nombreuses aides, et le taux moyen d'imposition applicable aux autres revenus du foyer (comme les salaires). Rassurez-vous, vous ne paierez évidemment pas l'impôt une seconde fois sur vos revenus de micro-entrepreneur.

Le terme "libératoire" signifie que le paiement est définitif pour l'impôt sur les revenus de votre activité, mais il ne vous libère en aucun cas de vos obligations déclaratives annuelles.

Conclusion : La simplicité, un choix qui se réfléchit

Le versement libératoire est un outil fiscal potentiellement très intéressant pour lisser son imposition et simplifier sa trésorerie. Cependant, son apparente simplicité ne doit pas vous dispenser d'une analyse approfondie de votre situation personnelle et de celle de votre foyer fiscal. Payer un impôt quand on n'est pas imposable, vérifier son éligibilité sur la base de revenus passés, et ne pas oublier sa déclaration annuelle sont trois points cruciaux souvent négligés. Alors, avant de cocher la case, avez-vous pris le temps de faire la simulation pour savoir ce qui est vraiment le plus avantageux pour vous ?

Mergin
mardi 9 décembre 2025
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